• Guillaume de Brabandère

Étapes 15-16

Après avoir dormi comme un bébé dans mon couloir, il est temps de reprendre la route mais surtout, je me dis qu’il faut que je rattrape le retard pris la veille... En effet il me reste un peu plus de 90 km à parcourir en 3 jours pour arriver jeudi à Saint-Dizier où je suis attendu chez ma marraine.

Je continue à longer le canal latéral de la Marne. Les paysages ne sont pas très variés mais le cadre est magnifique et la météo est plutôt agréable ces jours-ci.

À midi, je m’attarde un peu plus longuement dans la ville de Châlons-en-Champagne qui dispose d’une magnifique cathédrale et d’une mairie tout aussi imposante. Cette petite halte casse quelque peu la monotonie du canal.

32 km au compteur, il devient temps de trouver un abri pour la nuit. Je fais étape dans le village de Sarry. J’espérais loger au presbytère donc je contacte la dame en charge des activités paroissiales et cette dernière me propose de passer à la nuit à la maison.

Le lendemain matin, Monsieur me raccompagne jusqu’au canal que je longerai encore une dizaine de kilomètres. J’en profite pour admirer une dernière fois les nombreux lavoirs d’époque qui bordent le canal. De retour au beau milieu des champs, je suis frappé par le nombre de maisons à colombages dans les villages que je traverse.

Au cours de cette belle après-midi, je ne suis pas très à l’aise car Macron s’adresse aux Français ce soir pour annoncer de nouvelles mesures en vue d’enrayer l’épidémie et je redoute quelque peu l’issue de cette allocution...

Le soir je passe la nuit à Changy. N’ayant aucune possibilité de logement à l’horizon, je vais voir le maire. Dans un premier temps, il n’est pas très rassuré à l’idée de m’accueillir en cette période de covid mais il finit par mettre à ma disposition la cuisine de la salle des fêtes de la mairie.

Le soir, j’apprends assez rapidement quelles sont les nouvelles mesures visant à enrayer l’épidémie. L’ensemble du territoire français est à nouveau confiné avec une interdiction de déplacement à plus de 10 km de son domicile. Je comprends très vite que cela met en péril la suite de mon chemin. Un peu abattu mais surtout fataliste, je sentais de plus en plus que l’inévitable risquait de se produire au vu de l’évolution épidémique en France...


Portez-vous bien et à très vite !