• Guillaume de Brabandère

Étapes 57-58

On passe une nuit bien reposante. On en avait tous bien besoin après les 36 km parcourus hier. Requinqués, on passe par l’église de Roquefort. Et puis il devient temps de quitter les filles. Elles font du stop jusqu’à Bordeaux où un train les attend pour rentrer à Bruxelles. À nouveau, cela fait bizarre de les voir partir parce qu’on on avait mis en place une chouette dynamique. Et puis, je trouve qu’il est plus parlant de directement partager ce que l’on vit au quotidien sur les chemins plutôt que de l’expliquer.

C’est la première fois que je reprends la route tout seul depuis un bon moment. Être tout seul 3-4 jours avant d’arriver en Espagne, ce n’est probablement pas une mauvaise chose. Aujourd’hui, je me dirige vers Mont-de-Marsan à 31 km, il s’agit de la capitale des Landes. Les paysages sont assez similaires: chemins sablonneux et forêts de pins sont au programme.

Dans l’après-midi, j’arrive à Bougue où je tombe sur une borne indiquant que Compostelle n’est plus qu’à 970 km. Le compte à rebours est lancé. Je touche au but, enfin presque… 😉 Je me dis que c’est un endroit propice pour abandonner mes vieilles bottines qui m’ont rendu de fiers services.

Après Bougue, le chemin continue sur un genre de Ravel. Après 31 km, je gagne Mont-de-Marsan vers 19h30. Je loge au refuge hospitalier tenu par un bénévole. N’ayant rien à manger, d’autres pèlerins me donnent quelques lentilles et un peu de pain. Entre pèlerins, on essaye de s’entraider. Dans le refuge, il y a un tableau qui est une belle représentation de l’itinéraire qui m’attend en Espagne, le camino Frances.

Le lendemain, la journée débute par un petit tour dans le centre de Mont-de-Marsan. La ville est assez moderne mais il y a de belles choses à voir comme l’église ou l’hôtel de ville.

Vers 10h30, il est temps de se remettre en route. Après les 2 belles étapes des jours précédents et avec le mauvais temps d’aujourd’hui, c‘est une plus petite journée qui s’annonce. 22 km me séparent de Saint-Sever, objectif de cette 58e étape.

Au cours de cette après-midi pluvieuse, je traverse plusieurs champs de maïs, autre caractéristique typique des Landes.

Après avoir traversé l’Adour, j’arrive à Saint-Sever par un chemin boueux, une pente abrupte obstruée par des arbres tombées suite aux conditions météorologiques compliquées. La légende raconte que Saint-Sever a été exécuté en haut de cette colline. Sa tête aurait ensuite dévalé la pente avant de cogner un rocher, duquel aurait jailli une source.

Je loge au refuge municipal avec un autre pèlerin, Pascal. Je rencontre également une jeune maman. Elle fait le chemin avec sa fille de 2 ans qu’elle transporte dans une énorme poussette. Les chemins sont parfois tellement étroits… Je ne sais pas trop comment elle fait mais c’est impressionnant.


Portez-vous bien et à très vite !