• Guillaume de Brabandère

Étapes 39-40

On profite encore un peu de ce bel endroit puis on se dirige vers le château de Chateaubrun que l’on nous avait recommandé à Gargilesse. Considéré comme une “ruine définitive” par les pouvoirs publics, le sculpteur Guy Baudat en a fait l’acquisition en 1986 dans l’optique d’y exposer ses œuvres.

Cet endroit a un côté assez magique. A une certaine époque, les pèlerins de retour de Compostelle venaient y déposer une coquille Saint-Jacques dans la crypte.

On fait le tour de cette forteresse médiévale. Donjon, remparts, oubliettes, on peut y admirer les œuvres de l’artiste dans chaque recoin du château. Guy Baudat essaye de dénoncer les dérives et les vices de l’homme au XXIe siècle.

J’avoue ne pas toujours comprendre le message sans les explications de l’artiste mais certaines d’entre elles sont assez parlantes.


La course à l’armement qui ne tourne à rien avec 5 colosses qui cernent un oeuf.

L’être humain prisonnier des nouvelles technologies abrutissantes avec cet homme devant une TV qui est enfermé dans un piège.

Un peu plus tard, nous tombons sur un magnifique vitrail représentant Saint-Roch, saint patron des pèlerins.

Nous passons notre pause lunch à Crozant. On se rend compte qu’on est bien dans La Creuse. Ce département est encore assez sauvage, la nature y est très jolie mais il n’y a pas âme qui vive.

Nous quittons Crozant par la promenade des artistes où beaucoup de peintres et écrivains en quête d’inspiration venaient y passer du temps. En découvrant cet endroit, on comprend très vite pourquoi. Tout est si beau, un endroit enchanté...

À la Chapelle-Baloue, nous rencontrons un jeune couple qui vit en auto-suffisance depuis quelques années. C’est un mode de vie dont on entend beaucoup parler donc c’est assez intéressant de discuter avec des gens qui ont réussi à le mettre en pratique à un niveau assez avancé. Max souhaite mettre en place un éco-lieu avec sa future femme à son retour de Compostelle donc il est ravi de découvrir cet endroit.


On ne l’avait pas vu venir mais au final, nous y passons dans la nuit. Nous dormons dans un tipi à côté d’un lac où ils passent l’été. La construction en bambou leur sert de cuisine.

Le lendemain, nous sommes à peine partis que Max réalise qu’il a oublié son hamac... On se retrouve un peu plus tard à La Souterraine où l’on se sent plutôt bien accueillis.

Nous y faisons la connaissance de Laurie et Jean-Luc qui rentrent au bercail après 3 semaines de marche. Comme c’est la fin de leur périple, ils nous donnent le restant de leurs provisions. Après avoir passé un bon bout de temps avec eux, on s’y remet.

Au cours de cette étape, je franchis la barre des 1.000 km. Je me pose un instant et repense à tout le chemin déjà parcouru... difficile de réaliser que je me retrouve à 1.000 km de chez moi grâce à la force des mes jambes...

Le soir, nous trouvons un petit étang peu après Chamborand. On a même une petite cabane où faire un feu pour cuisiner et un robinet. On n’aurait pas pu tomber mieux, le cadre est magique.

Portez-vous bien et à très vite !