• Guillaume de Brabandère

Étapes 24-25

La 24e étape s’annonce plutôt longue: près de 34 km au programme si je veux rattraper le retard pris la veille. Assez vite, je quitte le département de l’Aube pour arriver dans l’Yonne mais je change également de région: terminé la région Champagnes-Ardennes que je traverse depuis mon arrivée en France pour découvrir la région Bourgogne-Franche-Comté.

La Bourgogne étant une région historiquement alliée aux Anglais et donc luttant contre le trône de France, je croise bon nombre de villages fortifiés à la frontière entre ces 2 régions.

En fin d’après-midi, je me rapproche de Chablis où je passerai la nuit. Les 5 derniers kilomètres sont très agréables car je marche au beau milieu des vignes. Cela me rappelle mon arrivée à Epernay.

Le soir je passe la nuit à la maison paroissiale. La dame qui s’en occupe me dit qu’un certain Hubert a laissé un paquet de pâtes pour « Guillaume le pèlerin ». Huber est un grand-père belge qui est parti de Liège. Comme il a un souci à la hanche, il fait des étapes de 15-18 km. Depuis Troyes, j’espère le rencontrer sur les chemins mais toujours pas de traces d’Hubert jusqu’à présent. En même temps, cela commence à faire long de n’avoir toujours croisé aucun pèlerin après 600 km.

Le lendemain matin, je fais un petit tour dans Chablis. Cela fait des jours qu’on me vante les mérites du petit vin blanc de Chablis. En principe les dégustations sont payantes mais je tente ma chance; je rentre chez un caviste en lui disant que je ne peux pas quitter son village sans avoir goûté le chablis. Il me fait goûter un premier vin, puis me propose de goûter un deuxième et c’est l’occasion d’avoir de beaux échanges.

Je quitte le village de Chablis comme je suis arrivé, c’est-à-dire entouré de vignes.

Je prends la direction d’Accolay; il s’agit de ma toute dernière étape avant de rejoindre Vézelay.

En fin de journée, je tombe sur un troupeau de moutons qui compte près de 1200 têtes. Je fais un bout de chemin avec eux pendant 2 km. Cela me ralentit un peu mais c’est une sensation agréable que d’être entouré de centaines de moutons. J’ai un peu l’impression d’être un berger finalement.

À Accolay, je passe la nuit chez une Hollandaise prof de yoga. Après avoir parcouru des kilomètres sur les chemins, elle a quitté la Hollande pour s’installer au bord des chemins et accueillir des pèlerins.

Portez-vous bien et à très vite !